Les travaux des psycho-pédagogues comme Piaget, Winnicott, Bruner
et, plus récemment, Brougère, montrent à quel point, non seulement le
jeu est vecteur d’épanouissement mais, surtout, il prend toute sa place
dans l’acquisition des apprentissages.
En effet, il offre un espace où il n’y a pas de pression, il est porteur de
frivolité, il valorise la décision et permet de donner le pouvoir à l’élève.
En lui donnant le pouvoir, on le remet en confiance, on le rend acteur,
on suscite son envie d’apprendre et il devient plus réceptif aux
apprentissages.
Parmi ces outils, il y a le jeu d’échecs, le jeu par excellence, car il ne
laisse aucune place au hasard mais au contraire demande de mettre
en place une stratégie de la découverte qui est le premier pas vers la
remédiation psycho-pédagogique recherchée, c'est-à-dire l’idée de
créer un lien, une médiation, entre l’élève, l’enseignant et
l’enseignement prodigué.
Ce lien, c’est le repère, le lieu où l’élève se structure de nouveau,
c'est-à-dire l’endroit où il va trouver tout le bénéfice qu’il peut retirer de
la mise en place de sa concentration, de sa réflexion, de son
imagination, de son désir de vaincre, du respect de la règle ...
Cette démarche va le conduire à prendre conscience qu’il n’existe et
n’est reconnu par les autres que s’il accepte de se repérer au sens
premier, c'est-à-dire : retrouver son chemin, son identité, afin d’aller en
confiance vers l’apprentissage de nouvelles connaissances.
Par ses immenses possibilités, le jeu d’échecs permet d’atteindre
ces objectifs.
Il devient alors le nouveau « repaire » de l’élève et lui offre, comme le
disait, Bruno Bettelheim : « un lieu où renaître »